Catherine MANGANO

La posture corporelle favorise la respiration consciente

 

La respiration consciente favorise le calme mental vers la paix intérieure nécessaire à l'émergence de la voix.

 

Entre « faire semblant », et « être vrai »,  cette recherche de vérité amène peu à peu l'apprenti-chanteur vers le lâcher-prise. Mais avant d’y parvenir, une prise de conscience s'impose de l’agitation du mental qui anime le discours incessants de nos pensées contradictoires.  La "respiration consciente" est propice à apaiser cette tension intérieure. Elle favorise la concentration et la quiétude nécessaires à l’émergence de la voix. 

 

Le langage du corps trahit les peurs du cœur et de l'esprit.

 

Il est possible de débusquer dans notre attitude nos peurs et nos manques. Ces replis du cœur et de l’esprit qui entraînent les replis du corps  sont des souffrances psychiques qui se cristallisent au fil du temps en maladies.   Les douleurs physiques modifient notre silhouette qui porte les stigmates de cette souffrance psychique et émotionnelle.  Surprendre notre reflet dans une glace rendrait compte de notre mauvais positionnement corporel pour nous donner envie de le corriger aussitôt en nous redressant et en sortant la tête des épaules. Mais nous ne nous voyons pas. De même, lorsque nous marchons, si nous pouvions nous apercevoir dans le reflet d'une glace, nous constaterions que nous marchons la tête légèrement renversée vers l’arrière. Le résultat n’est pas brillant.  Nous avançons sans trop savoir où nous allons, dans une totale distraction compensée par l'habitude, et en nous dandinant un peu comme… des oies. « Mais comment ?! », me dira-t-on. Quelle comparaison ! Et pourtant, ne sommes-nous pas remplis à ras bord  d'air?  Cet engorgement nous étouffe, nous épuise mais nous ne le savons pas!  

 

La peur de manquer d'air conditionne notre respiration

 

Tout cela parce que nous pensons que plus nous prendrons de l'air dans les poumons plus nous tiendrons longtemps sans avoir besoin de respirer. Nous sommes persuadés que de  notre capacité de retenir notre souffle dépend notre survie. Il est vrai que ce principe de bonne gestion, du point de vue économique, consiste à faire des économies et non à tout dépenser tout de suite. Ainsi, la peur de manquer de provisions nous amène  naturellement à stocker afin de pouvoir aller puiser dans nos réserves en cas de besoin. De même,  la peur de manquer d’air nous incite à prendre le maximum d’air dans nos poumons pour aller y puiser en cas de besoin. Nous croyons ainsi pouvoir tenir le plus longtemps possible sans avoir besoin de reprendre notre souffle!

 

La posture corporelle conditionne la respiration

 

Pour en prendre la mesure, il suffit d’imaginer une bouteille  remplie d’eau  sous un robinet à gros jet. Elle déborde forcément de ce même « débordement» qui nous essouffle dès les premiers pas.   Notre mauvais positionnement conditionne notre respiration qui conditionne notre façon de marcher, voire de penser et de ressentir. Les conséquences de ce déséquilibre sont  visibles mais nous n'en n'avons pas conscience. Pourtant, il n’y a qu’à constater chez le cordonnier l’usure de nos talons de semelles rongés uniquement sur les bords extérieurs. Oui, c’est vrai. Nous marchons le buste projeté en avant, le menton en l’air et la nuque écrasée dans les épaules parce que nous respirons mal. Nous respirons mal, parce que nous pensons mal. Nous pensons mal, parce que nous ressentons mal. Nous ressentons mal, parce que nous sommes coupés de nos émotions. Nous sommes coupés de nos émotions car nous sommes bloqués, pétris de résistances multiples qui nous raidissent, nous stigmatisent, nous épuisent avant même d’émettre le premier son. Cette raideur psychique entraîne une raideur physique  qui nous fait remonter les épaules jusqu’aux oreilles et une raideur émotionnelle où la voix vient s’étrangler dans la gorge.

 

Une bonne posture permet la respiration consciente

 

L’expiration est ressentie comme une « petite mort ». Ne dit-on pas : «  rendre le dernier souffle », lorsque l’on passe de vie à trépas ? Cependant, on aurait tendance à oublier que c’est justement pendant cette phase d’expiration, lente et continue, que le souffle se sonorise à travers la voix pour devenir chant.  Cette peur de manquer d’air crée une tension psychologique qui nous coupe de nos sensations et de nos ressentis.  Voilà pourquoi l' angoisse inconsciente de ne plus pouvoir reprendre son souffle et donc de mourir crée des résistances physiques, émotionnelles et psychiques qui  retiennent la voix prisonnière de la gorge.  La posture corporelle favorise la respiration consciente pour établir le calme mental  et rétablir l'état naturel d'harmonie intérieur par l'union en Soi du Corps sonore, du Cœur chantant et de l'Esprit résonant à travers la projection sonore de la voix dans l'ici et maintenant de l'instant présent.



04/09/2011
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